« Dépasser le syndrôme de l’embarras. »

9 octobre 2012

Premier jour du Synode

Entre « syndrôme de l’embarras » et « tsunami du sécularisme », les formules chocs du Cardinal Wuerl, rapporteur Général du Synode sur la Nouvelle Evangélisation ouvrant les débats, ont sonné comme une entrée en matière vigoureuse !

Le cardinal Wuerl archevêque de Washington et relateur général du synode sur la Nouvelle Évangélisation, a invité les
chrétiens à retrouver l’audace et la confiance, à « recapturer » leur
identité et l’authenticité de leur foi : ce que l’on proclame « n’est pas une information sur Dieu, mais plutôt Dieu lui-même » fait homme. Les chrétiens doivent « dépasser le syndrome de l’embarras » pour annoncer « le trésor simple, naturel et tangible de l’amitié avec Jésus ».

Pour le cardinal, « la nouvelle évangélisation n’est pas un programme. Il s’agit d’une nouvelle façon de penser, de voir et d’agir ».

Le cardinal voit trois fondements à l’évangélisation :
  • le fondement « anthropologique », qui dit que chaque homme est fait à l’image et à la ressemblance de Dieu et a en lui le désir naturel de communion avec le transcendant ;
  • le fondement « christologique », par lequel le Christ « s’est révélé » et n’est donc pas « une création sociologique ou une aberration théologique » ;
  • et le fondement « ecclésiologique », qui apporte le salut du Christ « dans et à travers l’Eglise ».
Il voit également quatre caractéristiques pour l’évangélisateur d’aujourd’hui :
  • « avoir le courage », ce « paisible courage » de saint Maximilien Kolbe ou de Mère Teresa de Calcutta ;
  • être « en communion avec l’Eglise » et « solidaire avec ses pasteurs » ;
  • « annoncer avec joie le message de Dieu » ;
  • ressentir l’urgence d’une mission « trop importante » pour laquelle « il n’y a pas de temps à perdre ».

Dans ce contexte, si les missionnaires du passé ont couvert « d’immenses distances géographiques » pour annoncer l’Evangile, les missionnaires du présent doivent dépasser des « distances idéologiques tout aussi immenses », sans pourtant sortir de leur quartier, estime le cardinal.
Ce visage de la société qui change « de façon dramatique » plonge ses racines dans les années 70 et 80, décennies de « catéchèse vraiment médiocre », de « discontinuité », d’ « aberrations dans la pratique de la liturgie », explique-t-il.
Pour le cardinal, ce ne sont pas seulement « les péchés de quelques-uns » qui ont alimenté la méfiance dans les structures de l’Eglise mais un « tsunami » qui a emporté avec lui tous les indicateurs sociaux tels « le mariage, la famille, le concept de bien commun et la distinction entre le bien et le mal ».

Il relève pourtant des « signaux positifs » lancés par « les jeunes, les enfants et leurs parents », c’est-à-dire par « les familles », « lieu modèle de la nouvelle évangélisation », « premier élément constitutif de la communauté ».

Le cardinal John Tong Hon, évêque de Hong Kong, est également intervenu, exposant trois principes fondamentaux pour l’évangélisation : la communion avec Dieu et avec les hommes, en particulier les pauvres ; le service compris comme don de soi ; la rencontre personnelle avec le Christ qui pousse à être témoin.


Extrait de Zenit.org