« L’Eglise est dans les flammes de l’Esprit-Saint. »

28 octobre 2012

Les grandes thématiques du Synode

Plusieurs thématiques caractérisent les débats et resteront sans doute des ‘marqueurs’ originaux de ce synode sur la nouvelle évangélisation.

 

 

Alors que le synode touche à sa fin, et que se préparent les propositions des pères synodaux au Saint Père et le message à l’Eglise et au monde, il est opportun de dégager - non pas une première synthèse et une analyse complète car il faudra pour cela attendre ces derniers documents et l’homélie de clôture de Benoit XVI - mais des traits caractéristiques des différentes contributions. Plusieurs thématiques caractérisent les débats et resteront sans doute des ‘marqueurs’ originaux de ce synode sur la nouvelle évangélisation ; elles sont résolument ‘nouvelles’ dans le sens où elles ne sont jamais apparues aussi « catholiques », c’est-à-dire universelles : d’un côté à l’autre de la planète et dans des cultures ou traditions spirituelles différentes, les pères synodaux leur ont accordé une importance primordiale dans leurs propos sur la nouvelle évangélisation. C’est un signe de leur acuité et de leur pertinence pour éclairer la situation actuelle et baliser la route de l’avenir de l’évangélisation pour l’Eglise universelle.

Nous proposons d’en retenir dix résumées comme suit :

  • La nouvelle évangélisation est la réponse pertinente à des hommes dans un monde sécularisé qui pourtant cherchent Dieu, souffrent de son ‘absence’ sans bien souvent le savoir ou le reconnaître
  • L’Evangélisateur est avant tout un baptisé saisi et transformé par l’amour de Dieu, dont le feu d’amour se propage pour partager le trésor de sa vie
  • La nouvelle évangélisation est un dialogue avec le monde rendu crédible par le témoignage, la confession publique et courageuse d’une foi assurée dans Christ-Sauveur, et non un questionnement prudent ou incertain sur Dieu
  • Le développement de la nouvelle évangélisation dans l’Eglise nécessite avant tout un travail profond d’évangélisation et de conversion, personnelle et communautaire, de tous les baptisés, et en premier lieu des pasteurs et des consacrés
  • La mise en œuvre de la nouvelle évangélisation nécessite une « conversion pastorale », un nouveau mode de gouvernement, de formation et d’orientation pastorale en vue de la mission
  • Une priorité du renouveau pastoral lié à la nouvelle évangélisation réside dans la paroisse, qui apparait souvent comme « un géant endormi » au potentiel et au charisme missionnaires pourtant déterminants
  • L’Evangélisation doit retrouver ses accents apostoliques, basés sur l’annonce crédible et joyeuse du kérygme, l’annonce et l’expérience de l’amour de Dieu, l’exercice des charismes …, puis sur la proposition de parcours catéchétiques adaptés et renouvelés qui en découlent
  • L’expérience apostolique des laïcs, particulièrement celle des jeunes et des familles, ainsi que les initiatives missionnaires des nouveaux mouvements et des communautés, constituent le socle de la nouvelle évangélisation et ses forces vives, dont doit s’inspirer l’ensemble de la pastorale missionnaire de l’Eglise
  • Comme il en a été dans toute l’histoire de l’Eglise, il ne peut y avoir d’évangélisation sans exercice et témoignage de la charité, sans la mise en œuvre de la doctrine sociale de l’Eglise par les baptisés, qu’il faut savoir mieux « conjuguer avec une évangélisation explicite »
  • Le renouveau et l’élan missionnaire des baptisés nourrissent et construisent l’unité entre les chrétiens et les Eglises, et cette unité est une des conditions de la fécondité missionnaire
Au-delà de ces 10 grandes thématiques qui émergent avec force, soulignons que nombre de pères synodaux ont attesté de la présence et de l’action du Saint-Esprit sur l’assemblée synodale durant ces trois semaines. Ils ont expérimenté sa douce présence manifestée par ses fruits caractéristiques : prière, écoute, fraternité, sérénité, paix, mais aussi unité, chaleur, zèle, enthousiasme pour certains ; pour d’autres c’est un appel à davantage d’humilité, de repentance, de conversion qui a été perçu. Cette onction du Saint Esprit qui a saisi la ‘haute’ assemblée du collège apostolique en son cénacle romain, a poussé certains commentateurs à parler de « Pentecôte sur le Synode » ou de « nouvelle Pentecôte sur l’Eglise » et l’un des plus jeunes pères synodaux à reconnaître : « L’Eglise est dans les flammes de l’Esprit-Saint. Le synode est une œuvre divine. C’est l’Esprit-Saint qui le fait, par le moyen des hommes.  » (Mgr Shevchuk, archevêque de Kiev)