Les racines apostoliques de la Pop-louange

16 octobre 2013

Un succès qui ne se dément pas au fil des années

Contrairement à certaines idées reçues, la Pop-louange n’est pas une concession démagogique aux modes pour racoler à peu de frais une jeunesse très majoritairement éloignée de l’Eglise et de la foi.

 

 

Le succès de La Pop-Louange– avec des groupes comme Glorious ou Aquero en France - se développe fortement dans la pastorale des jeunes et nombre de mouvements ou de communautés. Contrairement à certaines idées reçues, la Pop-louange n’est pourtant pas une concession démagogique aux modes pour racoler à peu de frais une jeunesse très majoritairement éloignée de l’Eglise et de la foi. Certes, la Pop-Louange utilise un langage musical contemporain devenu universel, elle s’exprime dans nombre d’espaces publics, souvent plus neutres que les églises, nouvelles ’Agora’ du monde moderne - salles de spectacles, places, chapiteaux, festivals, Internet - mais elle ambitionne avant tout d’actualiser, au travers des codes musicaux actuels, l’expérience même des premiers apôtres : « Je te chanterai au milieu de la grande assemblée » (He 2, 12), « Je te louerai parmi les nations, je chanterai à la gloire de ton Nom (…). Nations, exultez avec son peuple. » (Rm 15, 9-10), « Chaque jour, d’un seul cœur (...) avec allégresse et simplicité, ils louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple. Et chaque jour le Seigneur adjoignait à la communauté ceux qui seraient sauvés » (Ac 2, 46-47).
 
Ainsi, chez les artistes évangéliques ou catholiques qui y sont engagés, la Pop-louange authentique se caractérise par une profonde démarche personnelle de foi, ancrée dans la Parole de Dieu, la vie spirituelle et leur communauté ecclésiale ; cette foi s’exprime dans l’exercice même de la musique qui se veut ‘inspirée’, que ce soit dans la composition des chansons (paroles et mélodie), ou en studio, sur scène et en assemblée. Même si les artistes s’expriment chacun avec leur caractère et leur charisme propre, ils sont pour la plupart habités par le zèle missionnaire et le désir d’accompagner leur ‘public’ vers la rencontre personnelle du Christ, vers l’expérience intime et personnelle de la présence du Saint-Esprit et l’accueil de la Parole de Dieu. Quiconque regarde sur YouTube ou DVD les vidéos des concerts de Delirious ou Hillsong, d’Exo ou Glorious, sera rapidement convaincu que la Pop-louange conduit bel et bien à la prière, à l’écoute de la Parole et à l’amour de Dieu.
 
Certains observateurs n’y voient pourtant que des excitations émotives superficielles, voire des hystéries collectives : même si la Pop-louange est assez soft et bon enfant, on y retrouverait les travers des mega-concerts des rock-stars ou des immenses boites de nuit des DJ à la mode. L’argument n’est pas sans fondement lorsque certains groupes chrétiens se concentrent surtout sur le show musical et la fête, et ne conduisent pas effectivement à l’intériorité, à l’intimité avec Dieu et à des démarches de conversion ou de retour au Christ.
 
C’est pourquoi il est nécessaire - quitte à surprendre sans doute certains - de bien saisir que la ‘vraie’ Pop-Louange n’est au final qu’une forme d’actualisation contemporaine de l’expérience spirituelle et missionnaire de la Pentecôte : même si elle prend des accents de guitares électriques et de synthétiseurs, rythmés par la basse et la batterie, une louange publique à Dieu dans une foi assumée et confessée, rejoint effectivement l’expérience des apôtres à leur sortie du Cénacle après l’effusion de l’Esprit-Saint : ils chantent et « publient les merveilles de Dieu » que chacun entend « dans sa propre langue » rapporte Ac 2, 10. Quelle que soit son origine, chacun ‘comprend’ les disciples car cette louange touche profondément le cœur de ces pèlerins de toutes nations présents à Jérusalem. Elle prépare ainsi la prédication de Pierre sur la Révélation et le Salut donné par le Christ, ce qui conduit un grand nombre à être « stupéfaits » et à en avoir « le cœur transpercé ». Comme l’Eglise en fait l’expérience mystérieuse et constante depuis 2000 ans, la louange inspirée est une porte universelle : elle ouvre le cœur de l’homme à la présence divine et porte à l’écoute attentive de sa Parole qui « pénètre jusqu’à la pointe de l’âme et de l’esprit » (He 4, 12). Introduire les hommes dans une telle louange est donc une expérience primordiale où se ‘réveille’ la soif spirituelle qui habite l’âme de chacun, soif trop souvent enfouie et cachée. Le cœur s’ouvre et le processus évangélisateur s’amorce par étape.
 
Ne craignons pas que cette ouverture par la louange soit un feu de paille : après la prédication de Pierre, ceux qui eurent « le cœur transpercé » s’adressèrent aux apôtres pour les interpeller : « que devons nous faire ? » Un cœur ouvert à Dieu amorce plus facilement un questionnement personnel et peut alors entamer une découverte de la vie chrétienne conformément, là encore, à l’expérience apostolique rapportée dans les Actes des Apôtres : c’est l’étape de l’initiation et de la croissance au travers de la catéchèse ancrée dans la Parole de Dieu, l’apprentissage de la vie chrétienne, la vie sacramentelle, l’intégration à la communauté ecclésiale (cf. Ac 2, 46-47). Non sans un certain étonnement, les responsables de Lyon-Centre qui accueillent Glorious depuis 3 ans confirment clairement ce processus dès leur 1ère année ; de nombreux jeunes catholiques, aujourd’hui engagés dans l’Eglise et dans l’évangélisation, ont été eux-mêmes saisis par Dieu grâce à ce type d’événements musicaux et peuvent l’attester.
 
La Pop-Louange n’est donc pas une concession facile faite à la modernité, mais un levier majeur pour la mission : les jeunes catholiques et les pasteurs impliqués aujourd’hui dans la ‘nouvelle évangélisation‘ si chère à Jean-Paul II et Benoît XVI ne s’y sont pas trompés en s’y investissant avec enthousiasme et énergie.