« Sortez pour chercher et rencontrer ceux qui sont loin ! »

8 avril 2014

Extrait de la Lettre d’Informations du Diocèse d’Avignon, avril 2014

 

 


A l’occasion du triduum pascal qui approche, et alors que nous fêtons ces jours-ci le er" data-scaytid="2">1er anniversaire de l’élection de notre pape, nous pouvons laisser résonner en nos coeurs cet appel fervent et constant du Pape François à l’adresse des pasteurs et des baptisés pour centrer leur ministère et leur vie baptismale sur l’évangélisation afin de rejoindre le plus grand nombre :
« Ici dans nos villes, tant de gens ont besoin de cette annonce de Jésus-Christ car seul le message chrétien répond aux attentes de nos contemporains, si souvent victimes de l’idolâtrie, de la mondanité, de pensées faibles et de tant de choses ». En effet poursuit-il, « l’Évangile est pour tous et non pour quelques-uns qui semblent plus proches ou réceptifs Le Seigneur est à la recherche de tous, même de ceux qui semblent loin, indifférents : il veut que tous sentent la
chaleur de sa miséricorde et de son amour »
. En effet, l’Évangile du Christ mort est ressuscité pour nous est vrai, il est vital et Bonne Nouvelle pour tous, … ou tout cela ne serait alors que superstition et baliverne pour tous !

A l’occasion de la Semaine Sainte, laissons-nous interpeller dans nos paroisses et nos familles par tant de nos proches qui attendent de rencontrer le Dieu vivant et aimant, car beaucoup sont meurtris par la vie, par la solitude, par cette méconnaissance de l’amour de Dieu et des oeuvres de Salut du Christ :
« Ce dont l’Église a le plus besoin aujourd’hui, c’est de pouvoir soigner les blessures et de réchauffer le coeur. Nous devons soigner les blessures et je vois l’Église comme un hôpital de campagne après une bataille. Il faut commencer par le début (car) le plus important est la première annonce : “Jésus Christ t’a sauvé !” »
Cette insistance de François sur cette annonce du mystère pascal, sur notre témoignage des oeuvres de Salut dans nos vies, renvoie chaque de nous, chaque baptisé, chaque couple et famille, à son expérience personnelle et intime du Salut du Christ dans sa propre vie : accueillir et vivre ce « kérygme » - comme aime le dénommer le pape - répond si abondamment à la soif et à l’attente - même inconnue ou insoupçonnée - de chaque homme, de chaque femme, de chaque enfant, d’être si abondamment aimé, choyé, béni, guéri, libéré, pardonné, unifié, transformé, transporté … par Dieu en personne.
 
Ainsi, depuis un an, le pape François vient réveiller notre foi et notre amour du Seigneur, secouer notre tranquillité, déranger nos pastorales peut être un peu trop centrées sur l’entre soi chrétien : « Pour être disciple, il faut sortir, partir comme Jésus le fit avec ses disciples : il ne les a pas tenus attachés à lui comme une mère poule avec ses poussins ; il les a envoyés ! Ne restez pas enfermés dans votre paroisse, dans vos communautés, quand tant de personnes attendent
l’Évangile : sortez pour chercher et rencontrer ceux qui sont loin, en partant de la périphérie, vers ceux qui ne fréquentent pas la paroisse ou les chrétiens ».

De multiples manières, le pape invite régulièrement les curés et leurs paroissiens à devenir des communautés de disciples-missionnaires, à construire des communautés ferventes car renouvelées par l’évangélisation, tournées prioritairement vers les ‘sans-Église’ , les ‘non- ou -peu pratiquants’ afin de les conduire au Christ. C’est vrai que cela bouscule nos habitudes, et souvent, on ne sait pas très bien comment s’y prendre, comme s’organiser et répondre à cet appel, mais l’expérience de nombreuses paroisses en France (et ailleurs) illustre que beaucoup de communautés se sont ainsi réveillées, sont (re)devenues rapidement attractives, ont sur (re)créer un dynamisme apostolique…. en faisant avant tout partager aux paroissiens cet objectif missionnaire commun : évangéliser, « faire des disciples » puisque c’est « la » mission centrale que le Christ a confié aux apôtres.

Certes, cela demande un accompagnement, de la méthode, un certain savoir-faire pastoral et missionnaire afin de poursuivre résolument cet objectif ; la clé pour le pasteur est souvent dans cette capacité de savoir impliquer et associer le plus grand nombre, de permettre à chacun de trouver la place, de former, d’accompagner…. afin de libérer les énergies évangélisatrices (souvent cachées) qui habitent en fait le coeur de chaque baptisé : d’où le nécessaire engagement de
chaque curé comme chef de cordée dans l’évangélisation, mais avec un souci premier et constant de bâtir et de développer, avec les laïcs et toute la paroisse, un vrai projet évangélisateur communautaire.
 
Alors nos paroisses porteront bien davantage ce témoignage lumineux et fructueux de la Résurrection du Christ au coeur de nos vies et du monde.

Alex et Maud Lauriot Prévost,
Délégués épiscopaux à la Nouvelle Evangélisation