« Toucher le cœur avec une parole qui s’engouffre dans les blessures et les fissures de l’homme d’aujourd’hui »

21 octobre 2012

Synode fin de la deuxième semaine

Plusieurs témoignages bouleversants de nos frères et sœurs chrétiens qui annoncent le Christ dans la persécution ou après des années de silence.

Le benjamin du synode, gr" data-scaytid="1">Mgr Olivier Schmitthaeusler, évêque français des Missions étrangères de Paris (MEP) au Cambodge a pris la parole, « ému et heureux d’être la voix d’une Eglise qui a été réduite au silence pendant 15 ans et vit « à nouveau le temps des Actes des Apôtres avec une première annonce de assurée par le petit reste de survivants  », véritable « laboratoire d’évangélisation ». Pour lui, l’Eglise doit manifester une charité « inventive à l’infini », elle doit « toucher le cœur » avec une parole qui « s’engouffre dans les blessures et les fissures de l’homme d’aujourd’hui pour lui révéler sa beauté intérieure ». Elle est invitée à être « simple », pour que « chacun s’y sente bien  », y compris « cette foule immense qui n’a pas ou plus la capacité de comprendre des discours élaborés ». Elle est invitée à être « hospitalière », à « accueillir avec un regard aimant  » et surtout à « prier », car « c’est finalement ce que les hommes attendent de l’Eglise ». Enfin, il faut qu’elle « respire la joie de la bonne nouvelle  ».


Pour gr" data-scaytid="9">Mgr Palmieri en Albanie l’évangélisation constitue « une première annonce » pour celui qui « est né en Albanie et y a grandi sans n’avoir jamais rien su de Dieu sauf quelques gestes chrétiens aperçus chez les anciens, ou bien en évangélisant les frères musulmans qui avaient et ont encore des racines chrétiennes, et se montrent ouverts à cette annonce. Que la prière de ceux qui voudront bien prendre en charge nos problèmes nous soutienne. Que le sang des martyrs tués pendant le régime communiste soit pour nous, en Albanie, un signe du réveil de la vie chrétienne, un désir de rendre les raisons de la foi plus profondes, plus claires et plus convaincues pour combler le vide qui s’est créé dans les années de la dictature.  ».
 
Une lettre de gr" data-scaytid="14">Mgr Jingfeng, évêque de Chine, âgé de 90 ans, libéré en 1979, après 20 ans de prison durant la révolution culturelle chinoise et évêque légitime reconnu en 2004 par le gouvernement, a été lu et a beaucoup touché nombre de père synodaux : « Je veux vous dire que notre Église en Chine, et en particulier les laïcs, a toujours gardé jusqu’à présent la pitié, la fidélité, la sincérité et la dévotion des premiers chrétiens, tout en ayant supporté cinquante ans de persécution » « Au sein de vos discussions synodales, vous pouvez enquêter sur la raison pour laquelle notre foi en Chine a pu se conserver invincible jusqu’à aujourd’hui. Comme l’a dit le grand philosophe chinois Lao Tse : “Comme la calamité engendre la prospérité, ainsi dans la mollesse se cache la calamité”… » Et le vieil évêque chinois de commenter : « Dans les Eglises en dehors de la Chine, la tiédeur, l’infidélité et la sécularisation des fidèles ont contaminé de nombreux clercs . Au contraire, dans l’Église chinoise, les laïcs sont plus pieux que les clercs. La pitié, la fidélité, la sincérité et la dévotion des laïcs chrétiens chinois ne peuvent-elles pas ébranler les clercs de l’étranger ? »
 
Pour le cardinal Tong Hon de Hong Konk qui enregistre plus de 3000 baptêmes d’adultes par an, et ce chiffre est en augmentation : « Ma priorité pastorale est de faire augmenter encore le nombre de baptêmes », grâce notamment à des laïcs responsables qui prennent part à l’évangélisation. «  Pour cela, il faut d’abord se convertir et se laisser évangéliser, fortifier sa foi. D’abord laisser l’évangile entrer dans son cœur et ensuite sortir pour aller prêcher  »

Mgr Kyrillos William, évêque d’Assiout des Coptes, en Egypte, affirme : « Oui, nous pouvons évangéliser dans un pays musulman, pleins de confiance en Dieu, Maître de l’histoire, qui guide nos pas. Encouragés par le soutien et les prières de nos frères et sœurs dans le monde entier, nous allons continuer à exercer notre mission comme témoins du Christ dans notre pays, comme sel de la terre et lumière du monde, comme artisans de paix et de réconciliation et semeurs de la civilisation d’amour  ».