Un vrai catéchuménat conjugal

29 octobre 2018

Le pape relève souvent les insuffisances des préparations au mariage et constate au final « l’invalidité » ou « l’inconsistance » d’un grand nombre d’unions célébrées à l’Eglise. François vient de monter le ton sur le sujet fin octobre : « 3 ou 4 conférences constituent une fausse préparation ; la responsabilité en revient à celui qui la fait ou la permet : le curé, l’évêque. Ce sacrement doit être préparé par un vrai catéchuménat. »

Ce n’est pas la générosité ou le désir de bien faire qui est en cause, mais plutôt l’absence de vision ‘baptismale’ du mariage ou d’ambition missionnaire qui conduit à ces déficiences pastorales. Ce que propose François est très pertinent au plan théologique : Jean Paul II faisait l’analogie entre le baptême, sacrement du Salut donné à la personne, et le ‘baptême’ du couple qu’est le sacrement de mariage, sacrement du Salut donné au couple. Si c’est bien « Dieu qui unit » les époux comme dit Jésus, s’Il sauve le couple, la priorité ‘non négociable’ est de conduire les futurs époux à voir, toucher, goûter que le Christ guérit et réjouit le couple ; à expérimenter le feu, la joie, la lumière du Saint-Esprit qui transforme et purifie l’amour. Puisqu’il est demandé à un adulte de prendre deux ans pour préparer son baptême, il est cohérent de demander au moins un an de préparation au mariage sérieuse à un couple qui ne connait bien souvent ni le Christ, ni l’Evangile.
Mais que recouvrirait ce catéchuménat ? Ce peut être un chemin jalonné d’étapes comme les ‘scrutins’ du parcours baptismal, avec une alternance de belles célébrations (par diocèse ou doyenné) avec de la louange, des prédications missionnaires données par des prêtres ET des couples (de grâce, renvoyons à plus tard les conférences !), des parcours en petits groupes qui permettent de (re)découvrir le cœur de foi (type Alpha, Venez-et-Voyez, Cellule...), un suivi personnalisé (indispensable), le tout dans une mise en présence constante avec notre Dieu aimant et agissant.
Il nous faut donc entendre l’interpellation du pape et l’appel missionnaire qu’il adresse aux couples : il en va de la crédibilité de l’Evangile du Mariage nous dit-il. Quant aux questions de disponibilité pour un parcours long, tant des animateurs que des futurs époux, l’expérience montre que ce n’est pas vraiment le problème : lorsque s’opère une conversion missionnaire qui porte du fruit, comme par hasard, davantage de couples s’impliquent, et de manière plus disponible et radicale. De même, un bon nombre des futurs époux acceptent un cheminement plus long qu’ils ne l’envisageaient au départ : le problème ne vient pas d’abord d’eux, mais de nous qui avons un peu trop proposé de la « fausse » monnaie pour reprendre le qualificatif du pape.
Allons voir notre curé et notre évêque, pour qu’ensemble, couples et prêtres, nous mobilisions paroisses et diocèses autour d’un vrai catéchuménat pour préparer au mariage. Chiche ?